Débarquement - Logistique - Projet Mulberry -

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A la conférence de Québec en août 1943, les Britanniques proposèrent et défendirent la création de ports artificiels. Dès mai 1942, Winston Churchill adressa une demande au vice-amiral Mountbatten (commandant des opérations combinées), appuyant l'idée de débarcadères "flottant, montant et s'abaissant avec la marée; il faudra résoudre le problème de l'ancrage. Fournissez la meilleure solution possible".

Ces ports étaient nécessaires aux Alliés et leurs éviteraient de débarquer dans des zones portuaires transformées en forteresse par Hitler et que les bombardements intensifs avaient rendues hors d'usage.
Il fut décidé la construction de deux Mulberries, un pour chaque armée Alliée.

Le plan des Mulberries, tel qui fut présenté par les capitaines de vaisseau Hughes-Hallet et Hussey :

  • un brise lame composé de bateaux coulés.

  • au large, un mur fait d'énormes boîtes de ciment, dites Phoenix, dont la hauteur pouvait être égale à celle d'un immeuble de trois étages.

  • les "baleines", ou routes flottantes faites de sections articulées en acier, capables de s'adapter à des marées de neuf mètres, et terminées par un quai de débarquement.

Les services de renseignement alliés choisirent Arromanches pour le déploiement du port artificiel en raison de sa rade naturelle.

Des entreprises de construction se mirent à construire les caissons Phoenix, caissons en béton armé pesant 7 000 tonnes, longs de 70 mètres sur 15 mètres de large pour une hauteur de 20 mètres. 35 000 tonnes d'acier furent nécessaires à leurs fabrication, 22 tonnes d'acier furent également utilisées pour la réalisation des plates-formes de débarquement, supportés par des béquilles reposant sur le fond de mer et coulissant avec la marée pour permettre de garder à hauteur constante les opérations de déchargements des navires accostés.

Les criques et les anses de la côte britannique s'emplirent de pièces détachées en tout genre. Le projet Mulberry demeura si secret que les fabricants des divers éléments ignorèrent souvent leur utilisation, de même que les Allemands, bien qu'ils fusent certains qu'il s'agissait de docks flottants ou de réservoirs de carburants destinés à l'invasion.

Les caissons Phoenix furent remorqués du 9 au 18 juin et plus de 60 navires furent échoués pour constituer les brises lames.

Deux ports artificiels furent mises en place :

  • celui d'Omaha Beach, de Vierville à Saint-Laurent, qui est mis hors d'usage en raison de la tempête du 19 juin. Certains de ses éléments seront utilisés pour réparer celui d'Arromanches également endommagé par cette même tempête.

  • celui d'Arromanches, qui restera opérationnel pendant huit mois (cinq de plus que ces concepteurs l'avaient prévu). Arromanches aura permis le débarquement de 20 % des soldats, véhicules et de l'approvisionnement qui seront engagés sur le théâtre d'opération nord-ouest. La meilleure performance du port se situe la dernière semaine de juillet lors de l'offensive sur Caen. Lors de ces sept jours, le traffic dépassa 136 000 tonnes, soit presque 20 000 tonnes par jour.

 


Plan typique d'un Mulberry


Sites de construction